Prêts et bourses : c’est la classe moyenne qui souffre

Prêts et bourses | Jean Charest, Premier Ministre du Québec
Jean Charest, Premier Ministre du Québec

Le régime actuel des prêts et bourses ne peut pas selon moi compenser la hausse des frais de scolarité annoncée. C’est les étudiants de la classe moyenne en particulier qui vont faire les frais de cette hausse : ils ne sont pas accessibles aux prêts et bourses, mais qui dit que leurs parents les aideront?

Beaucoup de parents, surtout lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec le choix des études de leurs enfants, refusent de les aider financièrement. Je ne parle pas seulement d’études en sciences humaines ou en art, domaines inutiles selon certains intervenants, mais bien d’études universitaires menant à des emplois grassement payés. Il y a une culture de l’échec patente chez bon nombre de Québécois et les études ne sont pas nécessairement valorisées. Un bon nombre de parents refuseront donc d’aider leurs enfants sous prétexte que ce sont des pelleteux de nuages en espérant décrocher un diplôme puis un emploi avec des études en droit, gestion, fiscalité, etc.

On conseille aux étudiants à temps plein de ne pas travailler plus de vingt heures semaines : ce qui nous donne un mirobolant 193$ par semaine au salaire minimum durant 9 mois, pour un total de 7527$ . Admettons que l’étudiant travaille 37,5 heures par semaine durant l’été, trois mois durant: on ajoute 4704$ à la cagnotte. Total pour l’année : 12231$.

  • Admettons qu’il paie 400$ tout inclus pour sa colocation… 4800$ par année pour se loger.
  • Passe de métro… 900$
  • 50$ par semaine pour manger (bah oui un étudiant ça mange des pâtes au beurre), acheter des produits ménagers, des produits pour se laver, se raser (quoique ça pourrait expliquer le port fréquent de la barbe chez les étudiants)… 2600$

On arrive donc a 8300$ de dépenses pour les 3 essentiels : un toit, se déplacer et manger.

On spécifie bien sûr que l’étudiant ne va pas chez le dentiste, n’a pas d’assurance habitation, n’a pas les moyens d’aller chez l’opticien et que s’il brise ses lunettes, il est dans une merde pas possible. Admettons aussi que ses vêtements sont inusables…

  • Un an d’université au tarif actuel : 2168$
  • Frais d’inscription : 284$ par année (à l’UQAM)
  • Livres : disons 300$ par session, donc 600$ (c’est fréquemment plus)     Total : 3 052$

On arrive donc à 11 352$ de dépenses pour l’étudiant par année pour vivre dans un taudis et mal manger. Il lui reste donc 879$

Il va donc pouvoir commencer son compte d’épargne.

Je rappelle qu’un étudiant dont les parents gagnent ensemble plus de 45000$ par année n’est pas accessible aux prêts et bourses. Et ça ne fait pas partie des plans du gouvernement de changer ce palier.

Si les parents n’aident pas, l’étudiant n’a qu’à prier pour que tout se passe bien et espérer que son employeur ne fasse pas de la restructuration de personnel.

Je vous invite à lire mon article précédent sur la hausse.

PS : ce qui est intéressant, c’est qu’il reste 879$ par année à l’étudiant imaginaire, avant la hausse. Il fait comment pour payer la hausse?

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