Barack Obama réélu : le monde peut respirer

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Jour de liesse pour tous les tenants d’une politique américaine au visage plus humain : Barack Obama a été réélu mardi soir président des États-Unis. Ce n’est certes pas une nouvelle annonciatrice de grands changements pour l’humanité, mais, disons-le crûment, c’est extrêmement plus positif que d’imaginer la plus grande puissance militaire mondiale entre les mains des faucons, des obscurantistes religieux du Tea Party et d’un candidat qui est la quintessence même du capitalisme sauvage à la me, myself and I.

Les attentes envers Barack Obama furent extrêmement élevées lors de son premier mandat. Rares sont les présidents à avoir galvanisé à ce point les foules, et ce, avant même d’avoir mis le pied dans le Bureau Ovale. Il fallait livrer la marchandise, mais laquelle? Il a fait rêver, mais avouons-le, ce que le peuple américain à compris, c’est « oui on peut » et c’est tout. Une promesse de changement, fait avec verve et conviction et voilà toute une nation qui vit au rythme du mot espoir, peu importe dans quelle direction le nouveau messie voudra bien l’emmener. Dans ces conditions, il était facile d’être déçu

En 2008, Barack Obama m’a enthousiasmé, sans que nécessairement mes attentes pour le futur soient trop élevées. Il me faisait plaisir de lire et d’écouter cet homme intelligent, dont l’humanité transparaît à chaque détour de phrase, inclusif au point parfois d’en être énervant. C’était tout un contraste avec Georges W. Bush, assurément! Dans les grandes lignes, je suis relativement satisfait de la performance d’Obama lors de son premier mandat. Dans des conditions économiques particulièrement difficiles et sans l’appui du congrès, il a tout de même réussi à passer quelques lois qui sont à mon avis un réel progrès pour les États-Unis. La plus importante est bien sûr l’Obama Care, le programme fétiche d’accessibilité aux soins de santé que Bill Clinton a échoué à instaurer. Quand on compare l’Obama Care avec ce qui se fait ailleurs dans le monde, on se dit que le chemin est encore très long à parcourir. Mais le premier pas a été fait. Ce qui en soi est un sacré bouleversement. Notons aussi qu’il a autorisé à nouveau les recherches sur les cellules souches (interdites sous Georges W. Bush) et réaffirmé son soutien à l’avortement.

Bien sûr, Obama n’a pas fermé Guantanamo Bay, a continué à laisser les États-Unis s’enliser en Irak et en Afghanistan, n’a pas trouvé un moyen magique de museler la NRA pour réussir à interdire la possession d’arme, n’a pas abrogé la peine de mort… Il a aussi continué à entrainer son pays dans des conflits ridicules : la Lybie. Par contre, j’imagine facilement quels types d’actions les républicains auraient pu faire à sa place durant le Printemps arabe et je me dis qu’au moins, il n’a pas entrainé la planète dans un nouvel holocauste mondial. Avec les républicains d’ailleurs, les troupes américaines seraient déjà en Iran. Juste pour ça, nous pouvons respirer un peu mieux!

Ce nouveau mandat sera décisif pour Barack Obama : n’ayant plus de visées électoralistes et l’économie américaine ayant cessé de reculer, il aura une dernière chance de peut-être laisser une marque durable dans l’histoire (positive, on espère!). J’ai beaucoup plus d’attentes envers Barack Obama que lors de son premier mandat, contrairement à la majorité des gens qui n’ont plus maintenant d’attentes particulières. Si Barack Obama réussit dans deux ans à reprendre le congrès aux républicains, mes attentes seront alors phénoménales, car il aura enfin tous les outils pour modifier en profondeur la société américaine.

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