Keith Kouna – Bien du plaisir mais surtout, beaucoup de bombes

Keith Kouna - Du plaisir et des bombes

Rock francophone

Du plaisir et des bombes

de Keith Kouna

Label : L-A be | Sortie : 18/09/2012 Issu tout droit des mythiques Goules, Kouna s'est transformé en 2008 en artiste solo à temps plein. Kouna est un poète qui s'ignore et c'est tout à son honneur. L'entendre raconter une histoire suffit à justifier le prix du billet. Ajoutons une présence scénique peu commune, un band solide et un fan club qui sait quand faire des gestes bizarres et vous avez tout ce qu'il faut pour un spectacle détonnant. Site Web | Facebook | Bandcamp

Deuxième album en solo pour Keith Kouna. Avec Les années monsieur, il faisait son coming out : il y a une vie après les Goules. Superbe album, un peu confus puisqu’il mettait enfin en disque des chansons issues de périodes multiples. C’est pour cela qu’à la première écoute du Plaisir et des bombes, le premier constat c’est l’unité.

Le son est plus carré, plus rock, plus électrique, plus saturé, du moins pour les chansons qui bougent (Tic tac, Comme un macaque, Le sexe, Entre les vagues). Des chansons tissées serrées qui savent où elles s’en vont, loin des envolées des Goules et du disque précédent. A priori pas ce qu’on cherchait chez Keith Kouna, mais il réussit efficacement là où bien des groupes s’y seraient cassé les dents. Avec sa touche inimitable, ses chansons rock sont de petits bijoux faits pour durer, du solide.

Que dire sur la chanson de la consécration? Pas de panique, pure autodérision servie sur un beat fourni gracieusement par un clavier cheap pour enfant, critique savoureuse et mordante du star-system et des Stars Académie de ce monde. À mettre au même niveau que son équivalent chez Richard Desjardins, Le gala ou de la un peu faible, mais très drôle, Le gala de l’Adisq de notre Mononc’ Serge.

Avec Anna, on entre dans le grand jeu. Pur chef-d’oeuvre, une montée dramatique qui vient chercher l’auditeur aux tripes. Le piano omniprésent rythme la chanson et impose son tempo, se complexifiant au fur et à mesure que la chanson monte en intensité avant que la saturation embarque pour clore la chanson sur une note dramatique. Une chanson sur la rupture et l’absence, Kouna signant ici un de ses plus beaux textes.

Grande gagnante du prix de la Socan, chanson minimaliste où il s’accompagne uniquement à la guitare, Batiscan est une ode à l’amour paternel, mélancolique à souhait et où Kouna réussit encore à nous étonner en utilisant les clichés les plus quétaines de manière magistrale. Pour tout dire, lorsque j’ai appris à jouer la chanson à la guitare, le dernier paragraphe me prenait à la gorge et je pleurais à chaude larme même si contrairement au père de Keith Kouna, mon père est bien vivant et bien présent. Je pleurais assez fort en chantant pour que ma coloc entre en trombe dans mon bureau pour vérifier si j’étais correct. Quand même.

À mon avis, c’est l’album de 2012 et pourtant j’ai préféré Les années monsieur, c’est tout dire.

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