18 530 étudiants en grève contre la hausse des frais de scolarité

Manifestation de Carrés Rouges
Manifestation de Carrés Rouges

En date d’aujourd’hui, 18 530 étudiants des cégeps et universités du Québec sont en mandat de grève illimité. D’autres votes se tiendront au cours des prochaines semaines.

Pourquoi encore une grève? Le gouvernement libéral du premier ministre Jean Charest a décrété dans son dernier budget une hausse des frais de scolarité universitaire de 325$ par année durant cinq ans.

Selon une majorité d’étudiants, cette haute nuira à l’accessibilité des études universitaires. Qu’en est-il réellement?

Selon les intervenants, les opinions divergent.

Pour la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, cette hausse est « juste » et il est normal que les étudiants investissent davantage dans leur éducation compte tenu des salaires qu’ils leur seront versés une fois sur le marché du travail.

Le Parti Québécois et Québec Solidaire appuient les revendications des étudiants. Des députés péquistes et solidaires ont même participé à une manifestation étudiante le 10 novembre dernier.

Quelques voix discordantes s’élèvent aussi dans le milieu étudiant : tous les étudiants ne sont pas contre la hausse des frais de scolarité.

Quels sont les arguments pour une hausse?

Pour plusieurs intervenants, les frais de scolarité au Québec sont les plus bas en Amérique du Nord et le seront encore dans cinq ans. Les étudiants n’ont donc pas à se plaindre puisqu’ils seront toujours privilégiés par rapport aux autres étudiants du pays. De plus, le gouvernement a décrété que 35% des revenus supplémentaires de la hausse serviront à bonifier le régime de prêts et bourses. Un autre argument fréquemment avancé est que les universités québécoises éprouvent actuellement d’importantes difficultés à se financer. La hausse leur permettra donc de respirer et d’offrir de meilleurs services aux étudiants.

Les arguments contre la hausse

De l’autre côté, on a la réponse à tout. Si en théorie la bonification du régime de prêts et bourses peut atténuer les effets de la hausse, en pratique, c’est tout le régime qu’il faudrait revoir. Il est actuellement très difficile pour les étudiants des classes moyennes et aisées d’avoir accès aux prêts et bourses, car il est sous-entendu que les parents contribuent aux études de leurs enfants. Pourtant, bien des parents ne contribuent pas aux études de leurs enfants ou seulement de façon minime. Ces étudiants sont les laissés-pour-compte de la hausse des frais de scolarité. Ils doivent travailler de longues heures, souvent au salaire minimum, souvent dans un contexte qui n’est pas du tout favorable à l’étude pour parvenir à vivre et payer leurs frais universitaires. Il faut savoir qu’un étudiant qui n’habite plus chez ses parents et qui continue des études sans discontinuer jusqu’au niveau de la maîtrise continue à relever du foyer familial pour le calcul des prêts et bourses. Ce ne sont pas toujours les étudiants qui choisissent de quitter la maison familiale et ils doivent en subir les conséquences si leurs parents gagnent un salaire qui leur enlève la possibilité d’obtenir des prêts et bourses. Pour contourner cette situation, plusieurs étudiants font un mariage blanc, mais est-ce vraiment une solution qu’on désire que nos enfants adoptent?

Pour les étudiants issus de familles en difficultés économiques, oui le programme des prêts et bourses est d’une grande aide pour favoriser l’accessibilité des études supérieures. Malheureusement, beaucoup de ces jeunes minimisent les bénéfices que ces études pourraient leur apporter et craignent d’accumuler une dette d’étude exorbitante pour obtenir peu de gains en retour. Il serait donc préférable de valoriser les études universitaires plutôt que d’augmenter les frais de scolarité.

Pour bien des étudiants, le problème de sous-financement des études pourrait être réglé d’une autre manière. Peu de gens réalisent qu’une des raisons principales pour laquelle le gouvernement à jugé cette hausse nécessaire c’est les problèmes financiers récurrents de l’UQAM, l’Université du Québec à Montréal. Ces problèmes ne sont pas dus à un sous-financement, mais bien à une mauvaise gestion administrative. Dans une fièvre d’acquérir des biens immobiliers, l’UQAM a dilapidé des centaines de millions de dollars dans des transactions inutiles.

L’accès aux études universitaires, un choix de société

Permettre à la jeunesse québécoise d’accéder aisément aux études universitaires, c’est un choix qu’une société peut faire. Les bénéfices financiers pour le Québec sont indéniables. Augmenter le taux de diplomation, c’est favoriser un Québec tourné vers l’économie du savoir et les hautes technologies, donc de plus hauts salaires et une meilleure compétitivité internationale, surtout quand de plus en plus la production industrielle de base est transférée dans des pays émergents. Il est aussi prouvé que plus les gens sont éduqués, plus ils prennent soin de leur santé et réduisent ainsi leur poids sur le régime de santé publique. De plus hauts salaires signifie aussi de meilleures recettes fiscales pour le Québec, un atout important lorsqu’on pense à tous les problèmes occasionnés par le vieillissement de la population (soins de santé, régime de retraite insuffisant).

Pour ma part, je serais pour l’instauration de la gratuité scolaire, à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays (la France et la Suède par exemple).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>