11 septembre 2001, 12 ans plus tard

11 septembre 2001
11 septembre 2001, deuxième crash sur le World Trade Center

11 septembre 2001

Comme tout le monde ou presque, je me souviens parfaitement de ma journée du 11 septembre 2001.

À l’époque, je travaillais à l’administration d’un bar/salle de spectacle bien connu. Arrivé en retard quelques minutes après 9h00, comme bien souvent à l’époque, je buvais à petites gorgées mon expresso en consultant rapidement les nouvelles sur Internet avant d’entamer les tâches du jour. Il faut se souvenir qu’à l’époque, Internet n’était pas encore ce qu’il est aujourd’hui! Les mises à jour des grands journaux étaient rares, ceux-ci fonctionnaient encore un peu sur le modèle du papier. On se levait le matin et la majorité des nouvelles étaient apparues durant la nuit. Bref, contre toutes les habitudes de l’époque, un entrefilet dévastateur est apparu sur une des publications que je suivais à l’époque, tellement énorme que j’ai cru à un gag de très mauvais goût. Un avion qui aurait percuté une tour à New York? Impossible! Frénétiquement, je me suis mis à consulter la presse mondiale : le New York Times, le Washington Post, le Monde… Les premières secondes, rien. Je me suis relaxé un peu, de toute évidence la nouvelle était fausse. À l’époque, il n’était pas rare que les grands journaux sur Internet publient de fausses nouvelles. L’obsession du scoop à tout prix! Bien sûr, c’est encore le cas aujourd’hui dans notre ère ultra-médiatisée où trônent Facebook, Twitter et consorts, mais le délai de réaction est infiniment plus grand, que ce soit pour publier ou pour retirer une nouvelle.

Je reçois alors un appel de mon patron : il est tout excité et me communique la nouvelle. Je tente de l’arrêter, de lui dire qu’il faut prendre la nouvelle avec un grain de sel en attendant plus d’informations, mais il me coupe en me disant de regarder la télévision. Je sors de mon bureau, descends dans la rue : il y a un commerce d’électronique à quelques blocs, une foule de gens est massée devant la vitrine où s’entassent une dizaine de télévisions. Je frémis… Les premières images du deuxième crash tournent en boucle depuis quelques minutes déjà, la foule est muette de stupeur. Commotionné, je retourne à mon bureau, la tête pleine de scénarios confus sur les organisateurs d’un tel acte terroriste. Sur le coup, je ne peux m’empêcher de penser qu’un événement comme celui-ci ne pouvait que finir par arriver après des décennies de désastreuses initiatives américaines en politique internationale. Première attaque du sol sacré et inviolable des États-Unis d’Amérique depuis la guerre d’Indépendance, à l’exception notable de Pearl Harbor, une base militaire américaine qui n’est même pas basée sur le continent. Toute idée de ce genre m’est sortie de l’esprit lorsque j’ai vu les premières images des gens prisonniers des tours qui sautaient dans le vide plutôt que de brûler vif… Voir de telles images en direct, c’est un choc incroyablement violent. À l’époque, ce n’était pas si courant. De nos jours, nous sommes bombardés d’images en direct provenant de partout sur la terre, des images parfois d’une violence insoutenable.

De l’obsession de la sécurité à la naissance de la guerre au terrorisme

Dans les jours qui ont suivi, partout le même constat : rien ne sera plus jamais pareil. Effectivement, beaucoup de choses ont changé. Du 11 septembre 2001, on retient surtout une nouvelle obsession de la sécurité, que ce soit dans les aéroports, les communications, l’espionnage ou les mesures de protection des bâtiments publics. La naissance de la guerre au terrorisme avec son curieux corollaire : l’invasion de deux pays n’ayant pas ou peu rapport avec les attentats, au détriment des cibles les plus logiques : l’Arabie Saoudite d’où provenaient la majorité des terroristes et une partie du financement et le Pakistan, fief incontesté d’Al-Qaïda. Fer de lance de l’impérialisme américain en ce début du XXIème siècle, la guerre au terrorisme à offert aux faucons américains une alternative parfaite pour remplacer l’URSS déchue. Un nouvel ennemi, insaisissable par essence, permettant pour des décennies de justifier des interventions militaires partout sur la planète, de voter des lois pour limiter les libertés individuelles (Patriot Act) et de justifier une hausse croissante des fonds dédiés à la surveillance des communications électroniques (NSA). En mai 2011, l’assassinat d’Oussama ben Laden permet de tirer un trait sur les événements du 11 septembre. La roue à fini de tourner, mais en emmenant avec elle une toute nouvelle situation géopolitique.

12 ans plus tard

Au-delà de l’attentat en lui-même, horrible, inhumain, barbare, ce que j’aimerais qu’on retienne du 11 septembre c’est à quel point il peut être néfaste d’instrumentaliser un événement comme celui-ci. George W. Bush, quelques jours seulement après les attentats, à résumé en quelques mots toute la politique américaine de 2001 à 2009 : « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous ». Deux guerres, les mensonges avérés sur les armes de destructions massives, le Patriot Act, tout ça sans réel résultat. Rien ne permet à l’heure actuelle d’espérer une quelconque fin du terrorisme ou de l’intégrisme musulman. Au contraire, la lutte contre le terrorisme a surtout engendré une montée sans précédent d’antiaméricanisme et de haine dans les pays musulmans.

Avec un Printemps Arabe qui a finalement porté peu de fruits, hors favoriser une montée en puissance des intégristes (Égypte, Tunisie), trois pays mutilés par la guerre sans réels espoirs de renouveau (Afghanistan, Irak et Lybie), un conflit israélo-palestinien toujours insoluble, une intervention très probable en Syrie dans les prochains jours, une autre moins probable en Iran dans les prochaines années, les jours sont sombres pour le monde arabe et les États-Unis en sont grandement responsables.

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